Thérapie pour le trouble de la personnalité limite

On vous a dit que vous êtes compliqué, instable? Que vous « sautez des coches » pour rien? Que c’est dur d’être avec vous? Je sais que ça fait mal et que vous êtes écœuré. Que vous avez perdu confiance envers les autres parce qu’on vous a abandonné trop souvent. 

Quand on a un trouble de personnalité limite, c’est quelque chose que les gens vont souvent vous dire; que ça vienne de vos patrons, de vos collègues, de votre famille, de vos amis ou de votre conjoint (e), ça n’a pas de différence, ça fait juste mal. Ce n’est pas votre faute. Vous n’avez pas choisi d’avoir un trouble de personnalité limite; ça peut venir d’événements traumatisants que vous avez vécus, comme ça peut être à cause d’un débalancement dans le cerveau parce que c’est là que la gestion d’émotions se fait

 

C’est quoi le TPL (borderline)?

Chez les TPL (ou borderline en anglais, qu’on entend plus souvent), ces deux structures du cerveau sont débalancées, ce qui fait que vous réagissez fort, rapidement, souvent même sans vous en rendre compte, mais les autres, eux… Ils peuvent le remarquer. Vous avez une faible estime de toi, vous avez le goût de vous faire du mal, d’avoir des comportements destructeurs, vous avez des idées suicidaires parce qu’il y a un mal de vivre. Vous avez l’impression que le TPL prend toute la place dans votre vie et vous ne comprenez pas pourquoi vous vous sentez vide, que vous n’avez pas de place nulle part. Les personnes qui ont un TPL ont souvent de la difficulté dans leurs relations interpersonnelles.

Elles ont peur d’être abandonnés, rejetés et craignent les ruptures comme la peste. Quand elles pensent qu’elles se font rejeter, ça peut causer des conflits avec les autres à cause de la peur de perdre leurs proches. Quand je dis proches, je parle des membres de la famille, des conjoints, des collègues, des amis et même des voisins. Pour poser un diagnostic, le patient doit présenter au moins cinq des neuf critères suivants (adapté du DSM-5; Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition, 2013) :

Critères diagnostiques pour le trouble de personnalité limite selon le DSM

  • Instabilité marquée et persistante de l’image de soi ou de la notion de soi;
  • Entretenir des relations instables et intenses et être souvent en conflit avec ses proches parce qu’il y a des extrêmes d’idéalisation et de dévalorisation par rapport à l’autre (je t’aime, je t’haïs);
  • Efforts pour éviter un abandon réel ou imaginé;
  • Avoir une humeur instable;
  • Comportements, gestes ou menaces suicidaires ou d’automutilation;
  • Sentiment chronique de vide;
  • Avoir des comportements impulsifs, déviants ou autodestructeurs pour réguler ses émotions dans au moins deux domaines qui peuvent être dommageables pour soi, par exemple : la consommation d’alcool, de médicaments ou de drogue, une conduite dangereuse, avoir des pratiques sexuelles risquées ou se mutiler;
  • Sentiment chronique de vide;
  • Idées transitoires de persécution ou avoir des symptômes dissociatifs graves en situation de stress.

Critères versus symptômes

J’aimerais spécifier qu’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir un diagnostic de trouble de personnalité limite pour observer des traits du trouble chez les autres. Par exemple, on peut noter les traits suivants :

  • ennui;
  • grande sensibilité face aux critique des autres;
  • humeur changeante en très peu de temps (souriante et heureuse une minute et peu longtemps après en colère).

Quand on parle de symptômes et de diagnostic, on peut se perdre dans tout ça. D’ailleurs, il n’est pas rare que les gens qui ont un trouble de personnalité limite aient un trouble concomitant, comme des troubles anxieux, des troubles dépressifs ou de l’humeur, un trouble bipolaire, des dépendances ou des troubles alimentaires. C’est une des raisons pour lesquelles il peut être pertinent de consulter un professionnel de la santé, afin qu’il vous aide à y voir plus clair dans ce que vous vivez et trouver le meilleur traitement pour vous (médicamenté ou thérapeutique).

Facteurs de risque

Le trouble de la personnalité limite est souvent une combinaison de plusieurs facteurs qui entraîne le développement du trouble, comme:

  • des traumatismes vécus durant l’enfance;
  • des séparations ou des deuils survenus à un jeune âge;
  • de graves problèmes d’attachement;
  • l’hérédité, par exemple s’il y a des troubles de santé mentale dans la famille;
  • une grande sensibilité à ses émotions et celles des autres
  • etc.

Quatre modes de fonctionnement de la personne TPL

(Desrosiers, J., Briand, C., Dubé, M-C., Maltez, R., Groulx, J. Mieux vivre avec la personnalité limite, 152 pages, 2019).

On trouve tous une façon d’évoluer dans notre vie; on s’adapte et ce, malgré ce qui se dresse sur notre chemin. On fonctionne dans les bons et moins bons moments avec notre éducation, notre passé, nos valeurs et ce qui nous a été inculqué. Le borderline n’y fait pas exception, malgré les traits qui peuvent teindre sa réalité de temps à autre.

1

Mode autodestructeur

La personne sera dans des relations qui ne lui conviennent pas et ne lui permettent pas d’évoluer comme individu et elle ressentira un grand vide en elle, car elle fera tout pour les autres et va s’oublier; elle va se perdre à rendre les autres heureux et finir par ne plus savoir qui elle est, car ses besoins ne seront pas respectés. Elle sera entourée de relations abusives.

2

Mode léthargique

La personne aura eu des relations dans le passé qui l’auront blessée et elle va faire en sorte de ne plus avoir mal et pour ce faire, va éviter de créer des liens avec les autres, ce qui fera en sorte qu’elle sera isolée et ne vivra plus d’émotions négatives… mais elle n’apprendra pas non plus à les gérer. Ses relations avec les autres sont superficielles et sans engagement émotif. 

3

Mode ambivalent

La personne peut avoir été dans les deux modes précédents et avoir acquis des outils qui l’aident à entretenir des relations avec les autres : si ça marche, tant mieux, sinon, tant pis (rappelons-nous le trait de personnalité limite d’idéalisation et de dévalorisation cité plus haut). La personne apprend à mieux se connaître et à vouloir se respecter davantage.

4

Mode cohérent

C’est le plus fonctionnel des modes. C’est un état dans lequel la personne vit au quotidien avec son TPL et entretient des relations positives avec les autres et se sent bien avec elle-même.

Quand consulter?

Essayez d’être à l’écoute de votre corps, de votre esprit et de votre cœur. Ça se peut que vous soyez fatigué, à bout, épuisé sans savoir pourquoi…N’attendez pas de ne plus être capable de faire vos activités habituelles pour consulter. Si vous ressentez de la fatigue émotionnelle, physique, psychologique, n’attendez pas, appelez. Le travail peut être affecté par les symptômes, les relations avec les collègues, avec la famille, avec votre conjoint et même vos enfants.

Un professionnel de la santé pourra évaluer si vous avez un trouble de la personnalité limite en vous référant, en vous donnant des outils pour aller mieux et retrouver un équilibre. Si vous pensez que vous avez des symptômes du trouble de personnalité limite, consultez. Comme on dit, « mieux vaut prévenir que guérir ». Ceci vaut pour vous, mais également pour votre entourage, parce qu’ils peuvent être fatigués, à bout, impuissants.

Comment la thérapie peut aider?

Des études cliniques démontrent que si les personnes ont bénéficié d’une thérapie active (d’où l’importance de prévenir et consulter tôt) peuvent être « guéris » après 15 à 20 ans d’instabilité. En général les symptômes du trouble borderline commencent tôt dans l’adolescence et se renforcent au début de l’âge adulte. Toutefois, malgré la stabilité acquise, il peut arriver que certains symptômes reviennent temporairement si la personne vit des événements importants tels une rupture, un deuil, un échec important, un déménagement, etc. Ce n’est pas un échec, mais plutôt un rappel de réutiliser les outils qui ont été appris au cours des années pour retrouver un équilibre et être fonctionnel.

Il y a différents types de thérapies dont plusieurs ont démontré de bons résultats. Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être ajouté à la thérapie pour aider à la stabilité de l’humeur ou à la gestion de l’anxiété. Ça peut optimiser les effets de la thérapie. On peut envisager l’hospitalisation lors d’une période de crise suicidaire intense, mais une longue hospitalisation peut parfois renforcer le sentiment d’échec de la personne TPL, donc n’est pas nécessairement souhaitable, bien que parfois c’est un besoin. La psychothérapie est, selon moi, la pièce maîtresse du traitement des patients ayant un trouble de personnalité limite. Le lien d’attachement entre l’intervenant et la personne est primordial pour que les consultations donnent des effets bénéfiques qui puissent durer dans le temps.

Qui la thérapie peut aider?

La personne souffrant du TPL

Les troubles de personnalité affectent environ 5 % de la population (CIUSSS-Capitale-Nationale). Les personnes qui ont un TPL sont souvent aux prises avec des idées suicidaires fréquentes et persistantes. Malheureusement, jusqu’à 10 % de ces personnes se suicideront parce qu’elles ne voient pas de futur agréable, ne pensent pas avoir droit au bonheur et craignent que le trouble prenne toute la place dans leur vie. Toutefois, le trouble de personnalité n’est pas seulement une plaie, mais peut au contraire devenir un allié et c’est avec cette vision que je travaille auprès des gens qui me consultent.

 
Les séances servent à vous aider à retrouver un équilibre dans la vie de tous les jours : travail, famille, amour, enfants, collègues, etc. Les sessions aident à décortiquer les distorsions cognitives, à relativiser les opinions qui sont blanches ou noires et apprendre à accepter le gris dans sa vie. Tout n’est pas que mauvais et tout n’est pas que bon. De plus, les consultations vont vous permettre d’avoir une meilleure gestion de vos émotions, ce qui aidera à garder des relations interpersonnelles, puisque ce sera plus facile de nommer adéquatement vos inconforts et vos besoins aux autres.


Au cours des sessions vous remarquerez que les tempêtes diminuent d’intensité et peut-être même de fréquence, parce que l’impulsivité est également abordée dans les sessions dans le but d’optimiser la qualité de vos relations avec les autres et vous sentir moins incompris.

Les proches

Lors des interventions avec les proches, je travaille avec vous comment vous pourriez aborder votre proche quand vous avez quelque chose à lui dire. Je sais que vous redoutez parfois ses réactions et que vous avez peut-être même peur de lui et mon travail est de vous redonner la force de mettre vos limites avec votre proche, malgré qu’il soit atteint d’un trouble borderline. Les comportements peuvent être explicables, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont excusables et avoir un trouble de santé mentale ne justifie pas tout, donc les sautes d’humeur que vous redoutez peut-être.

 
Je vous aide à reprendre votre place auprès de votre proche. À développer et renforcer votre droit à avoir des attentes et des limites avec votre proche. On travaille ensemble comment responsabiliser la personne sans qu’elle ne se sente abandonnée et que vous vous sentiez coupables. Mon rôle est de vous aider à identifier vos limites personnelles, à les nommer et à les faire reconnaître, parce que vous êtes humains aussi et vous avez besoin d’être entendus aussi.

Pourquoi une travailleuse sociale au lieu d’un psychologue?

Je travaille depuis 2008 en santé mentale et je me spécialise dans les troubles de personnalité limite. J’ai animé des groupes quand j’ai travaillé en CLSC, j’offre mes services à plusieurs personnes en suivi qui ont un trouble de personnalité limite ou à leurs proches et j’ai créé un groupe de support virtuel pour que les personnes atteintes d’un TPL et leurs familles puissent poser des questions, ventiler et demander ou demander de l’aide à une communauté qui comprend le trouble de personnalité limite.

 
Beaucoup de gens me demandent la grande différence entre un travailleur social et un psychologue. Comment je peux aider? Premièrement, il faut savoir que socialement, le T.S. a mauvaise presse : on en parle beaucoup dans les médias en termes de direction de la protection de la jeunesse et peu en tant que consultants. De plus les gens auront tendance à chercher « psys » dans leurs recherches Google, sans réaliser qu’il y a d’autres professionnels qui peuvent les aider, comme le travailleur social.

 
Le rôle du T.S. est d’analyser l’environnement complet de la personne : son travail, son couple, ses relations amicales, le milieu scolaire, le quartier dans lequel il vit, les valeurs qui la forgent, l’éducation reçue, etc. On analyse pour savoir d’où viennent les difficultés pour pouvoir offrir des solutions et des outils qui vont aider à mieux tolérer des situations difficiles et pouvoir retrouver un pouvoir d’agir.


Le travailleur social s’engage à faire face aux obstacles et aux injustices dans la société et se concentre sur l’amélioration de la santé et du bien-être des gens Le travailleur social s’engage avec la personne à relever les défis de la vie et faire face aux événements traumatisants. Le T.S. aide à orienter, initier et préciser les changements des gens qui viennent consulter. Le but final de l’intervention est d’amener la personne à se rétablir et s’épanouir.

 
Comme travailleuse sociale, je vois les gens qui me consultent comme des personnes à part entière, avec leurs forces, leurs qualités, leurs ressources et leur résilience. Je crois au potentiel de l’être humain que j’aide; j’accompagne dans vos démarches, j’écoute, je supporte et j’encourage et je suis là avec vous. J’ai autant à apprendre de mes consultations que ceux et celles qui viennent me voir. Je ressens une profonde gratitude pour les gens qui m’accordent leur confiance.

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